Saïd Ould Khelifa nouveau commissaire du Festival du Film Méditerranéen de Annaba

Posté le : 29 juil 2015

TAC 2010

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a officiellement nommé cette semaine le cinéaste et critique Saïd Ould Khelifa comme nouveau commissaire du Festival méditerranéen de Annaba. Le ministre de la Culture avait annoncé le retour de ce festival mythique lors de sa tournée en juin à la cité annabie.
Le Festival méditerranéen de Annaba a été lancé par un noyau dur gravitant autour de la Cinémathèque de la ville et animé par le regretté Amar Chettibi, en 1986, la manifestation était bi-annuel. La seconde édition a donc eu lieu en 1988, et une dernière bien plus tard en… 1997. C’était l’un des festivals les plus courus de la région, il a vu défiler sur son tapis rouge, entre autres, Magda, Mona Wassef, Fettouma, Farid Chawki, Lakhdar-Hamina, Ahmed Rachedi, Ezzet al Aleili, Salah Abou Seif, Youssef Chahine, Pierre Clémenti Nikos Papatakis, Roger Hanin etc…
Pour cette édition 2015, le nouveau commissaire qui bénéficie d’une grande expérience en matière d’organisation de festival compte lancer une compétition avec sept prix, le trophée continuera à s’appeler le «Annab d’or» (le Jujubier d’or). Une rencontre autour de l’émigration clandestine sera également organisée avec la sélection de films et interventions de spécialistes internationaux autour de cette question cruciale. Des hommages seront également organisés pour les grands noms disparus cette année: Omar Sharif, Amar Laskri et Benamar Bakhti.
Le Festival méditerranéen organisera également une exposition intitulée «L’immigration ne doit pas être une histoire à part», à l’initiative de Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration de Paris. Il faut rappeler enfin que Saïd Ould Khelifa est un critique de cinéma reconnu sur le plan national et international (il collabore avec L’Expression pour la couverture des grands festivals dont Cannes). Le réalisateur de Zabana! a étudié le cinéma à Paris Sorbonne-Nouvelle puis entamé un troisième cycle en «Cinéma et l’Histoire» à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris toujours, avant de passer à la réalisation de films.
Il signa notamment plusieurs films importants, comme Ombres blanches en 1991, Thé d’Ania» en 2004, Vivantes! en 2006 et enfin Zabana! en 2012. En matière d’organisation de festival, il faut souligner que SOK, comme le surnomment les professionnels et les critiques, a longuement travaillé dans l’organisation des festivals et des manifestations cinématographiques: il a été conseiller du 1er Festival du film de la jeunesse à Alger en 1986.
Conseiller artistique du Festival du film arabe d’Oran en 2008 et 2009 et chargé de la logistique du Fofa en 2015. En France, il est membre fondateur du festival du Film arabe à Paris (1981-1988). Conseiller du Festival international «Théâtre au Cinéma» de Bobigny (pendant plus de 25 ans). Conseiller du Festival «Bande à part», consacré aux nouvelles écritures cinématographiques (2013).
Son expérience s’étend jusqu’en Italie, puisqu’il a collaboré au «Horcynus Festival» de Messina, en Sicile de 2010 à 2014). Il intervient enfin à New-York University, aux ateliers du Cinéma africain au Festival de Toronto (2012) et au Manaki Brothers» de Skopje en Macédoine. Une expérience internationale utile qui le servira sûrement dans la relance effective du Festival méditerranéen qui avait besoin d’une figure algérienne qui a le regard sur le monde global du cinéma dans la région.

Salim AGGAR  dans l’Expression

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