Rénové à coup de milliards, la salle de cinéma « l’Afrique » reste fermée

Posté le : 13 juil 2015

On est loin de la période où les jeunes algérois faisaient la queue pour regarder un film. La photo de la longue chaîne humaine attendant la projection du film l’inspecteur Tahar en est le plus important exemple

Depuis quelques années, les salles de cinéma dans la capitale sont dans un obscurantisme total. Fermé par leur propriétaire faute de films alors que certaines ont été rénovées entièrement. C’est le cas notamment des salles ABC et Chabab qui appartiennent à la mairie d’Alger Centre, ou encore du Debussy et de l’Afrique qui appartiennent à l’APC de Sidi M’hamed. Cette dernière restaurée à coup de milliard de centimes sur l’argent du contribuable algérien, reste indéfiniment fermé, alors qu’à quelques mètres de là, l’Association Lumières se bat pour la sauvegarde des salles de cinéma. Des agents sont même recrutés pour surveiller l’une des plus importantes salles de cinéma dans la Capitale, plus de 1000 places. Une autre salle Sierra Mestra appartenant à la même APC (d’obédience islamiste MSP), reste toujours fermé. La salle qui s’appelait « Hollywood » durant la colonisation avait été inaugurée dans les années 60 par Che Gevara en personne et portait le nom de Sierra Mestra en référence à la fameuse région montagneuse cubaine où étaient rassemblés les révolutionnaires communistes cubains. Le maire de Sidi Mhamed a volontairement fermé la salle aux projections de films considérant qu’elles étaient contre le mœurs des algériens d’aller dans les salles obscures et que les films qui sont proposés sont contraire à la religion musulmane. Une attitude étonnante venant d’une personne qui connait bien le monde du cinéma et de la télévision.

Le maire de Sidi Mhamed, frère d’un comédien disparu ferme les salles de cinéma

Le P.APC de Sidi Mhamed Nacereddine Zenasni, n’est autre que le frère ainé de Karim Zenasni, qui a joué dans nombreux films algériens comme le film Barakat de Djamila Sahraoui ou encore des séries télévisés comme Nass Mlah City. Ce dernier est décédé subitement victime d’une crise cardiaque le 16 février 2006. Devant l’impuissance du ministère de la Culture de récupérer les salles obscures et d’en faire un fonds de commerce pour le financement de la production, certain maire ou organisme transforme ses salles de cinéma en salle de spectacles pour les concerts de musique ou les conférences. On est loin de la période où les jeunes algérois faisaient la queue pour regarder un film. La photo de la longue chaîne humaine attendant la projection du film l’inspecteur Tahar en est le plus important exemple

Amin Réda

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