Le ministre marocain de la Com accuse la 2M et Al Oula de vouloir faire du Maroc un «bordel du Mexique»

Posté le : 04 juin 2014

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Dans un remake de la bataille des cahiers de charges de l’audiovisuel de 2012, la Chambre basse du parlement marocain vit, depuis quelques semaines, à l’heure de confrontations presque permanentes entre les ministres du PJD et les députés de l’opposition sur la question de l’indépendance des chaînes officielles.

Mardi, le ton est monté d’un cran. Le ministre de la Communication du gouvernement Benkirane a accusé les directeurs de 2M et de la SNRT de vouloir faire du Maroc un « bordel du Mexique ».

Le ministre de Benkirane a épargné les séries turques

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Bien entendu, la critique du ministre de la Communication a épargné les séries turques. Une position très proche de celle défendue, il y a deux semaines, par Bassima Hakkaoui qui a estimé que les télénovelas mexicaines encouragent les Marocains au suicide.

Ne partageant pas la même opinion, les partis de l’opposition ont riposté en dénonçant une volonté de contrôle des chaînes officielles par le parti de la Lampe, ajoutant que les islamistes veulent des médias sur mesure à l’image de ceux en Afghanistan et au Soudan. Ce discours revient de plus en plus ces derniers temps, notamment après les attaques répétées de Benkirane visant particulièrement 2M et des supports de la presse écrite et électronique.
Endossant parfaitement son rôle de porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi a rejeté ces accusations, affirmant qu’il veille au respect de l’indépendance du paysage audiovisuel. Et d’expliquer que c’est grâce à ce respect de ce droit qu’il a saisi la HACA en vue de prendre des sanctions contre les séries mexicaines diffusées par 2M et Al Oula. Jusqu’à présent la Haute autorité n’a pas encore répondu à la demande du ministre de la Communication.
La séance des questions hebdomadaires des questions orales à la Chambre des représentants du mardi 3 juin, n’a pas dérogé à la règle avec plusieurs moments de tension entre ministres PJDistes et opposition. Cette fois c’est l’intervention de la députée de l’USFP, Hasnaâ Abou Zaid, alors que Mustapha El Khalifi exposait sa réponse, qui a fait bondir les élus islamistes.
A leur tour, ils ont interrompu la socialiste, créant un brouhaha au sein de l’hémicycle. La présidente de la séance a dû s’armer de beaucoup de patience et de nombreux appels au calme avant que les esprits ne s’apaisent. Le cours normal de la séance a pu reprendre pendant quelques minutes avant que n’éclate un nouveau désaccord entre le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, et un député de l’opposition. La cacophonie semble être devenue la norme au sein du Parlement.

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