Allouache crée une polémique après sa participation à un festival israélien

Posté le : 29 sept 2015

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Après Jean-Paul Liedo, après Lyès Salem qui a failli participer au festival d’Ashdod, après les jeunes cinéastes invités à Locarno pour participer dans l’opération Open Doors, financée par un ministère israélien, voilà que Merzak Allouache, le réalisateur algérien le plus représenté à l’étranger, est programmé au festival du cinéma de Haïfa dans les territoires occupés par Israël, avec son dernier film «Madame courage». Le film a été projeté en version arabe sous-titré en hébreu et en anglais pour le public israélien le 27 septembre et sera reprogrammé le 1er octobre prochain à 13h30 à la salle Kriger à Haïfa. On ignore si le réalisateur était présent à la projection. Sur sa page Facebook, le réalisateur algérien n’a pas mentionné sa participation au festival israélien. Chose qu’il a faite à chaque fois que son film est sélectionné dans un festival international. C’est le mouvement antisioniste BDS Algérie (Boycott, désinvestissement et sanction) non encore agréé en Algérie qui a dénoncé dans un premier temps cette participation avant d’être rejoint dans cette optique par le journaliste Youcef Benzatat, dans une contribution sur son blog. Aujourd’hui, on ne peut rien cacher, les nouvelles technologies révèlent tout et dès qu’un Algérien est associé à un événement avec Israël, c’est révélé sur Internet. Ainsi sur le site Internet du festival, on peut découvrir la programmation du film, mais l’Algérie n’est pas mentionnée en tant que producteur. Le film «Madame Courage» est produit par l’Algérie à travers le Fdatic à hauteur de 60%. Il est également produit par le CNC français, Doha Institut et Sanad Dubai, soit trois producteurs arabes et un seul producteur français. On ignore comment le film a atterri à Haïfa. Ce qui est sûr est le fait que le producteur délégué Antonin Dedet qui dirige la société Neon Film coproducteur du film travaille beaucoup avec les festivals et apporte souvent son soutien au cinéma israélien. Dans ce cas comme dans celui de Lyès Salem, c’est généralement le producteur qui propose les films pour les festivals, avec l’accord du réalisateur bien sûr. Donc Allouache a autorisé le producteur à présenter le film à Haïfa. Selon certaines sources le réalisateur ne s’ait pas rendu en Israël, mais la polémique a enflé quand plusieurs quotidiens comme Echourouk, El Khabar et  surtout le site Algérie patriotique ont révélé l’affaire. Depuis le réalisateur est injoignable par téléphone et sa participation dans des festivals en Algérie, notamment à Annaba, Oran ou Alger sont remis en cause. Le débat sur la normalisation culturelle avec Israël est toujours lancé.

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Même le film « La Bataille d’Alger » a été projeté à la cinémathèque de Tel Aviv en Israël sans l’accord du producteur algérien

Mais ce genre participation n’est pas imputable seulement au réalisateur. C’est surtout la responsabilité du producteur qui est le plus responsable dans la sélection dans les différents festivals. Le 27 mai 1984 le film « LE BAL » d’Ettore Scola a été projeté en ouverture du festival de Jérusalem, alors que le film est entièrement financé par l’Algérie à travers le ONCIC et fut même sélectionné aux Oscars. Même le film « la Bataille d’Alger » de Gillo Pentecorvo a été projeté à la cinémathèque de Tel Aviv durant plusieurs mois en 1988 pour justement étudié les méthodes des parachutistes français sur les militants du FLNet cela sans l’accord du producteur algérien. 

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